Mission humanitaire en Ukraine : un pari gagné !

Mission-humanitaire-en-Ukraine_medium.jpg Groupe d'étudiant partis en mission humanitaire en Ukraine.
Ils viennent de parcourir 1800 km d'une traite en mini-bus. Et pourtant ils sont frais et dispos. Ce sont les sept étudiants de Metz qui sont revenus début septembre 2010 d'une mission humanitaire de neuf jours en Ukraine de l'ouest. L'opération, fruit d'une coopération entre deux associations d'étudiants, Est'IHME de l'ICN Business School et Echanges Metz-Ukraine (EMU) de l'UPV-M, s'est articulée en deux volets : distribution de denrées de première nécessité à des personnes malades ou des familles démunies ; appui à l'enseignement du français par l'acheminement de 700kg de livres scolaires usagés, collectés dans les écoles et collèges de Metz au cours des derniers mois.

Cette double mission visait un village au sud de Chernivtsi, à quelques kilomètres de la frontière roumaine. Cette région, ignorée de tous, a été victime des inondations du début du mois de juillet. Marine Jacoulot, présidente d'Est'IHME, commente : « C'était bouleversant. Tous ces gens ne savaient comment nous remercier. Une petite fille nous a même emmenés visiter sa chambre. Ces rencontres ont su récompenser tous les efforts de mon équipe pour faire aboutir notre projet ». Accompagnateur du groupe, Nicolas Brucker, enseignant à l'UPV-M, se félicite lui aussi du succès de l'opération : « Grâce à tous ces livres, nous savons que les élèves de ce coin d'Ukraine pourront apprendre notre langue dans de bonnes conditions. A travers la langue, c'est l'amitié entre nos deux peuples que nous cultivons ». Le lendemain de l'action humanitaire, l'équipe était reçue à la chaire de français de l'Université de Chernivtsi, avec laquelle l'UFR Lettres et Langues entretient des liens privilégiés depuis maintenant douze ans. N. Brucker confie ses impressions : « La pluie tombait à seaux. De la cour centrale on n'apercevait qu'une mer de parapluies : les étudiants de première année faisaient leur rentrée solennelle. J'ai été ému par leur ferveur silencieuse. Cette génération attend beaucoup de l'avenir : plus de travail et plus de liberté dans une Europe élargie ».

Durant leur séjour les étudiants français ont pu rencontrer plusieurs étudiants ukrainiens, particulièrement Veronika, Elena et bien entendu Sacha leur guide attitré. « Il n'était pas concevable de partir après avoir distribué l'aide alimentaire ou culturelle. Il fallait s'imprégner du pays, manger, parler, rencontrer les gens, voir les paysages », se justifie N. Brucker. De fait, la suite du séjour, plus touristique, a permis aux participants de marcher dans les montagnes des Carpates, puis de visiter Ivano-Frankivsk et Lviv. Cette dernière ville a marqué les esprits. « Je n'imaginais pas une ville aussi splendide et dynamique en Ukraine », s'étonne Grégory Tystschuk, étudiant en psychologie. Figurant au patrimoine mondial de l'Unesco, le centre ancien de Lviv s'articule en différents quartiers, témoignages des occupations successives et d'une situation de carrefour culturel à travers des siècles d'histoire. C'est aussi une cité grouillant d'étudiants, 160.000, répartis sur différents sites.

« L'expérience que nous avons vécue est unique. Je me réjouis du soutien financier apporté par notre Université à un tel projet. Cet argent qui a servi à la location du mini-bus et à une partie des frais de carburant fut un excellent investissement. Le bénéfice moral qui s'en dégagera au cours des prochains mois ou années est sans rapport avec la somme dépensée », assure N. Brucker. A l'automne sera projeté le film du voyage ; les plus belles photos feront l'objet d'une exposition dans le cadre d'un festival ukrainien à Metz. Et déjà de nouvelles actions sont à l'étude, en lien avec l'association ELU (Echanges Lorraine-Ukraine) et sa présidente Violeta Moskalu, qui ont assuré la coordination du projet.