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#10 hiver 2007


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> Colloque de la CPU
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(photo: P.Rebondy)

Conférence des président d’université à Metz un colloque qui fera date



L’université Paul Verlaine - Metz a eu le privilège d’accueillir, du 14 au 16 février dernier, le colloque de la Conférence des présidents d’universités. « Un colloque crucial pour l’avenir des universités » a souligné Richard Lioger en accueillant ses pairs à l’amphithéâtre Victor Demange, et de rappeler le contexte : défi de la mondialisation, qui se traduit par une compétition impitoyable, tant au niveau de la recherche que de la formation. Défi de l’insertion professionnelle des jeunes, souvent indécis et peu préparés aux exigences de filières de haut niveau. Défi de l’autonomie, réclamée de longue date et de plus en plus nécessaire, mais qui implique consensus et responsabilisation…

En ouvrant le colloque de Metz, Jean-Pierre Finance, premier vice- président de la CPU, a rappelé, avec une ironie féroce, que les conclusions du colloque de Lille, en 2001, n’avaient toujours pas été suivies d’effets et restaient donc d’une brûlante actualité.

Faudra-t-il en dire autant des vingt propositions faites le 16 février, au terme de trois studieuses journées de travail ? Il est permis d’espérer que non.

Le ministre en phase avec les présidents

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François Goulard, ministre
délégué à l’enseignement
supérieur et à la recherche,
Jean-Pierre Finance, premier
vice-président de la CPU.

(photo: P.Rebondy)

« Je suis totalement en phase avec la façon dont vous abordez les choses » a déclaré François Goulard, ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche, en s’adressant aux présidents des universités réunis à Metz. Pour le ministre, notre enseignement supérieur doit répondre à une ambition qui se décline en quatre axes forts :
- L’excellence de la recherche, l’excellence universitaire et le rayonnement international : « la recherche doit nous permettre d’être en phase avec la réalité du monde d’aujourd’hui, mais il nous faut rassembler toutes nos forces pour être visibles et les grandes écoles ont l’impérieuse nécessité de se rapprocher des universités pour ne pas être coupées du modèle international. »
- L’ ouverture économique et sociale de l’université : « La société a besoin de l’apport intellectuel de l’université qui doit être présente dans tous les débats publics qui animent notre univers contemporain. »
- La responsabilité en matière de formation : « C’est un devoir fondamental, un ressort économique de première importance car l’intérêt des jeunes recoupe celui du pays. »
- L’adaptation de l’enseignement supérieur au public étudiant : « Des efforts d’adaptation doivent être accomplis, en amont et en aval pour répondre à l’un des grands principes de notre pays : l’égalité des chances. »  

Face à ces grands objectifs, François Goulard réaffirme le rôle central de l’Etat mais en appelle à l’initiative et à la force de proposition de chaque membre de la communauté universitaire. Il juge réaliste le chiffrage des besoins établi par la CPU et souscrit à la proposition d’une augmentation des droits d’inscription, « à la condition expresse que les bourses permettent à chaque étudiant d’accéder à l’université et d’y faire des choix qui l’engagent. »
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Richard Lioger, président
de l’université Paul Verlaine
- Metz,
Françcois Goulard, ministre
délégué à
l’enseignement supérieur et à
la recherche,
Jean-Pierre Finance, président
de l'Université Henri Poincaré
Nancy 1.


S’agissant du statut des universités, le ministre a plaidé avec conviction pour une réforme profonde : « La loi de 1984 a fait son temps. La présidence doit avoir des prérogatives fortement renforcées. Elle doit pouvoir s’appuyer sur un cons  l d’administration plus resserré, avec moins de représentants élus des personnels et davantage de personnalités extérieures. L’université doit être moins autocentrée et plus ouverte sur l’extérieur. Le président doit être renouvelable dans son mandat, l’équipe dirigeante doit être cohérente et les logiques facultaires doivent s’effacer. »

Chaud partisan d’une autonomie budgétaire des universités, notamment en matière de gestion des ressources humaines, François Goulard va jusqu’à souhaiter que la CPU, traditionnellement présidée par le ministre, puisse également voler de ses propres ailes.

Gageons que ces propositions vont donner matière à discussion sur les campus.

Jean-Marc Monteil quatre leviers de développement

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A droite, Jean-Marc
Monteil, directeur général
de l'enseignement supérieur
au ministère de l'éducation
nationale, de l'enseignement
supérieur et de la
recherche.

Appelé à tirer les conclusions du colloque, Jean-Marc Monteil identifie quatre leviers de développement dont les universités françaises doivent se saisir pour relever les défis qui leur sont lancés :

La coopération : « C’est une nécessité absolue qui doit aujourd’hui remplacer la compétition délétère entre universités d’un même territoire. Elle concerne des établissements de différents statuts. Les écoles sont en train de « s’universitariser » et les universités de se professionnaliser. Il y aura une rencontre et elle sera bénéfique, y compris pour les petites entreprises proches des filières universitaires délocalisées. »

L’autonomie : « Elle ne sera pleine et entière que si une évaluation intervient a posteriori et si les formations répondent à un certain nombre d’exigences économiques, culturelles et sociales. Pour l’Etat, ce ne sera plus une logique de subventions mais d’investissement. »

La relation entre le monde académique et le monde économique : « Il est indispensable que le monde académique accepte de reconnaître des savoirs acquis en dehors de lui en les validant. Les étudiants qui quittent l’université doivent savoir qu’ils peuvent y revenir à tout moment. Un pacte de reconnaissance mutuelle et de confiance doit être passé entre le monde académique et le monde économique. Cela vaut pour tous les niveaux de formation et notamment pour le doctorat, qui, chez nous, n’est pas reconnu à sa juste valeur. Un chercheur qui a défendu son point de vue scientifique devant les meilleurs spécialistes internationaux, qui s’est confronté au principe de réalité et qui a acquis, par la méthodologie de la recherche, une expérience unique, est un atout pour une entreprise. »

Le contrat : « L’ensemble des partenaires d’un établissement universitaires doivent être les signataires naturels de son contrat. N’acceptons pas le discours faux et médiocre qui dit que nous allons à notre perte. Nous devons balayer chaque matin devant notre porte mais ne jamais oublier que l’université est un système qui a promu des générat  ns d’hommes et de femmes qui, sans elle, ne seraient pas là où ils sont. »

20 propositions

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Ce sont vingt propositions, et non pas douze comme initialement prévu, qui ont été faites par la CPU à l’issue de ses travaux.
Elles font actuellement l’objet de discussions avec les candidats
à l’élection présidentielle.


1. Faire du cycle licence, aux volumes horaires augmentés et à l’encadrement renforcé le vecteur premier de la réussite à l’université. La licence devant devenir
la référence d’un post-bac réorganisé assurant une réelle égalité des chances.
2. Mise en place d’un contrat individualisé de réussite pour tous incluant suivi personnalisé, projet professionnel et projets personnels encadrés, stage obligatoire etc..
3. Organiser une orientation active, pilotée par les universités, concernant tous les bacheliers et organisée en collaboration
entre les établissements du secondaire et ceux du supérieur.
4. Faire de l’université le guichet unique des aides sociales, à la scolarité et à la mobilité entrante et sortante.
5. Favoriser l’organisation territoriale du système universitaire.
6. Concevoir et négocier regroupements et alliances au niveau des établissements.
7. Dresser une cartographie nationale de la formation et de la recherche universitaire qui soit un outil collectif.
8. Assurer la convergence des Grandes Ecoles et des universités à travers des groupements de type Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES).
9. Préparer une loi d’orientation et de programmation définissant l’engagement de l’Etat pour l’université du XXI° Siècle et une nouvelle « règle du jeu » : autonomie, gouvernance, missions, règles d’organisation interne, évaluation, démocratie interne etc…
10. Accorder un rôle stratégique à un conseil d’administration resserré, responsable et ouvert aux personnalités extérieures.
11. Confier à la CPU l’accompagnement des universités vers l’autonomie.
12. Attribuer à chaque université la maîtrise totale de ses moyens : budget, patrimoine immobilier.
13. Confier aux universités la gestion du recrutement et des carrières des personnels Biatoss (bibliothèque, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers de service et personnels de santé).
14. Confier à l’établissement la fixation des services individuels des enseignants-chercheurs en fonction de sa politique globale.
15. Etablir un pacte social et politique entre Etat, collectivités, entreprises, familles impliquant une révolution budgétaire chiffrée à 10 milliards d’euros (12 000 euros par an et par étudiant, autant que ce qui est dépensé aujourd’hui pour un étudiant de BTS). Si la part de l’Etat doit demeurer prépondérante, une majoration/ modulation des droits d’inscription accompagnée d’une révision du système d’aides est souhaitable.
16. Renforcer la culture de projet.
17. Associer les collectivités au financement de l’immobilier universitaire, des relations internationales, des investissements d’équipements, de la formation continue etc...
18. Orienter la fiscalité des entreprises et des particuliers vers le financement de la recherche, de l’innovation et de la formation universitaire à travers, par exemple, la création de fondations.
19. Renforcer l’attractivité des métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche : salaires, avancement, évaluation externe etc…
20. Rééquilibrer le ratio Biatoss/enseignant et enseignant-chercheur à hauteur de un pour un.

Les présidents à la découverte du campus et de la ville

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Bus de l’université
Paul Verlaine - Metz

Succédant à la pluie battante du premier soir, un soleil printanier a inondé la Lorraine durant l’essentiel du séjour messin des présidents d’universités. Le programme était, certes, des plus studieux, mais quelques moments ont pu être dégagés pour permettre aux hôtes de Richard Lioger de découvrir l’université Paul Verlaine et la ville de Metz. On a ainsi pu les croiser entre les espaces verts du campus du Saulcy et autour du bus d’information nouvellement acquis par l’UPV-M.

Le premier soir, après une tour de ville en bus, les présidents ont été les hôtes, à l’hôtel de Région, de Jean-Pierre Masseret, président du Conseil régional.
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Concert de Scola Mettenis -
Saint-Pierre-aux-Nonnains

Le lendemain, c’est Marie-Françoise Thull, adjointe au maire déléguée à l’enseignement supérieur, qui leur a fait les honneurs de Saint-Pierre aux Nonnains. Ils y ont découvert, grâce au talent de la Scola Mettensis, les origines messines du chant grégorien. La soirée s’est ensuite prolongée à l’hôtel du Département où Philippe Lero y, président du Conseil général, a accueilli les présidents à sa table.

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