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#10 hiver 2007> Recherche |
RecherchePlastinnov au confluent du labo et de l’entreprise
En Moselle-Est, la plasturgie fait partie des activités qui remplacent le charbon. Au coeur de ce paysage industriel, la plate-forme technologique Plastinnov fait profiter les entreprises des recherches menées dans les laboratoires de l’UPV-M. L’université Paul Verlaine - Metz abrite l’une des 80 platesformes technologiques développées en France à partir de 1999 : Plastinnov . Comme son nom l’indique, Plastinnov est dédiée à la plasturgie et son siège se situe à Saint-Avold, au département de chimie de l’IUT de Moselle-Est. « Le concept de plateforme technologique, explique Jean-Louis Terzi, directeur de Plastinnov, consiste à mutualiser les moyens et les compétences des établissements de formation et à participer, en s’adossant à la re c h e rche, au développement de l’économie locale. » Créée en 2001, opérationnelle depuis 2002, Plastinnov unit en partenariat les compétences de trois laboratoires de l’UPV-M (Matériaux optiques, photonique et systèmes, Chimie et applications et Physique des matériaux), de quatre établissements de formation (UPV-M, IUT de Moselle-Est, lycée technologique Charles Jully de Saint-Avold et lycée professionnel Georges Bastide de Creutzwald) et de six centres de transfert technologique (Plastinnov, PPE, Apollor, université de Louvain en Belgique, Certech et Pôle extrusion alsacien). La plate-forme est financée par le ministère délégué à la Recherche, le rectorat de Nancy-Metz, l’UPV-M, le Conseil régional de Lorraine, la mairie de Saint-Avold, la communauté de communes de Creutzwald, le Fonds d’industrialisation des bassins miniers et Plasturgie Grand Est, sans oublier son auto-financement, qui atteint aujourd’hui 42% de son budget. Déjà 120 coopérations technologiques« A ce jour, souligne fièrement Jean-Louis Terzi, nous sommes la seule plate-forme à avoir dépassé le cap des 100 coopérations technologiques. Nous en sommes très précisément à 120. Nous comptons quelque 391 entreprises partenaires, principalement en Lorraine-Alsace mais également dans d ’ autres régions plus lointaines. Certaines d’entre elles dépassent le millier de salariés mais nous travaillons aussi avec beaucoup de PME dont les effectifs ne dépassent pas 20 personnes. » Concrètement, l’équipe de direction suit de très près les activités de ces entreprises qui lui font part des problèmes technologiques auxquels elles sont confrontées. Elle connaît aussi parfaitement les thématiques de recherche développées dans les laboratoires de l’UPV-M ainsi que dans certaines unités nancéiennes. « Notre force, ajoute Jean-Louis Terzi, c’est que nous pouvons offrir à une entreprise, en fonction de son besoin industriel, une équipe de développement qui va de l’élève en bac professionnel au doctorant. Actuellement, par exemple, nous avons un groupe qui travaille sur des polymères conducteurs. » Le dynamisme de Plastinnov lui a valu, l’an dernier, de figurer parmi les lauréats de Tremplin Recherche, récompensés par le Sénat. Pour l’heure, plusieurs dizaines de projets sont en cours et les étudiants s’y investissent d’autant plus que la perspective d’une embauche se profile fréquemment à l’issue du cursus : 94% des jeunes qui passent par Plastinnov trouvent en effet un emploi à la fin de leur formation. L’orientation de Plastinnov l’a conduite à participer activement à l’un des projets menés avec Arcelor dans le cadre du pôle de compétitivité MIPI (Matériaux innovants, produits intelligents). Il s’agit de concevoir des emballages métalliques sur lesquels la peinture sera remplacée par une pellicule de plastique. Le LMOPS ( Laboratoire de matériaux optiques, photonique et systèmes) a par ailleurs détaché à Forbach deux chercheurs dont l’objectif est d’intégrer la spectrométrie Raman dans la production industrielle. Les capteurs optiques Raman, qui sont capables de contrôler l’état réel d’une pièce in situ recèlent d’énormes potentialités dans des domaines très variés et, à ce titre, ils comptent parmi les projets phares de Plastinnov. Ecritures 45 chercheurs analysent le rôle de l’écrit dans les sociétés![]() Pierre Halen directeur du centre de recherche « Ecritures » Trois anciens laboratoires de l’UFR de Lettres et langues viennent de fusionner pour constituer le Centre de recherche Ecritures. Forte de 45 chercheurs, cette nouvelle équipe analyse le rôle de l’écrit dans les sociétés. Pierre Halen vient d’en prendre la direction pour une durée de quatre ans. Comment faire travailler ensemble des littéraires, des latinistes, des théologiens, des anglicistes et des hispanisants ? Réponse : en définissant une thématique transversale et, surtout, en renonçant à tout esprit de chapelle. C’est le pari engagé depuis peu par 45 chercheurs de l’UFR Lettres et langues, réunis au sein du Centre de recherche Ecritures. Elu en décembre 2006 à la tête de cette nouvelle entité, le professeur Pierre Halen reconnaît bien volontiers que la fusion des trois anciens laboratoires (Pensée chrétienne, Littérature et spiritualité et Centre d’étu - des des textes et des traductions) répond à une volonté du ministère, mais il insiste sur les bénéfices de l’opération en termes de lisibilité, notamment à l’échelle internationale. « La difficulté, explique-t-il, c’était de définir une thématique transversale suffisamment large pour que chacun puisse poursuivre sa propre recherche, en cohérence avec les autres. Nous l’avons trouvée sans peine autour du vocable « Ecritures » que l’on peut définir comme l’analyse du rôle de l’écrit dans les sociétés. » Cette thématique générale est déclinée en cinq axes de recherche (voir encadré), certains déjà anciens à l’UPV-M (Patristique et antiquité tardive, par exemple) et d’autres, tels que Littératures des mondes contemporains, plus récents et à vocation clairement pluridisciplinaire. Des contacts avec l’Ukraine et le CamerounLa vitalité de ce nouveau centre de recherche se mesure au nombre et à l’importance des colloques qu’il organise et des ouvrages qu’il publie : après une rencontre internationale en 2005 sur l’expression de la sagesse dans les différentes cultures, trois colloques sont programmés à Metz au printemps 2007. Le premier, en mars, portera sur l’anthropologie des mystiques rhénans et Nicolas de Cues, le deuxième, en avril, permettra de poursuivre les échanges engagés l’an dernier à l’université de Laval (Québec) sur l’image du prêtre dans la littérature de jeunesse. En mai, enfin, un séminaire sera organisé avec l’université de luxembourg sur les métamorphoses en littérature et en art. En matière de publications, la collection créée en 2001 par le centre de recherches Littérature et spiritualité s’est élargie à la nouvelle structure. Elle vient de s’enrichir d’un nouvel ouvrage édité par Pierre Halen et consacré au roman et au théâtre missionnaires. Une nouvelle collection pourrait prochainement voir le jour de manière à diffuser les travaux portant sur les littératures des mondes contemporains. Comme les écrits étudiés proviennent notamment d’Afrique et d’Amérique, les ouvrages pourraient bénéficier d’une diffusion sur internet. « Nous travaillons beaucoup avec d’autres chercheurs en Allemagne, en Belgique, en Italie et au Québec, souligne Pierre Halen. Nous envisageons également des préparations des cotutelles avec l’université de Tchernivtsi, en Ukraine et nous avons des contacts avec l’université de Yaoundé, au Cameroun, qui est très demandeuse. Nous souhaiterions travailler davantage encore à l’international et nous avons formé un outil, l’école doctorale transfrontalière, dont c’est précisément l’objectif. Mais force est de reconnaître que le ministère ne nous y encourage guère. » Plus près de nous, c’est avec les équipes nancéiennes et les chercheurs en sciences humaines que le centre de recherches Ecritures s’apprête à resserrer les liens, au sein de la Maison des sciences de l’homme. « La crainte de perdre son âme est très réelle, reconnaît Pierre Halen, mais il faut se remettre en question, s’interroger sur la finalité de sa propre recherche et construire une nouvelle culture du travail en équipe. C’est le défi des années à venir. » 5 axes de rechercheLes 45 chercheurs du centre Ecritures sont répartis entre cinq axes de recherche :- Patristique et Antiquité tardive. Les Pères de l’Eglise, notamment Augustin et Ambroise de Milan. - Mystiques rhénans. Apport historique, linguistique et théologique de personnages tels que Maître Eckhart ou Nicolas de Cues. - Herméneutiques. Interprétation de textes philosophiques et religieux portant sur le rapport à l’autre et la construction ou la dénégation de son espace. - Réception. Réécritures. Questions d’intertextualité et d’esthétique de la réception. - Littératures des mondes contemporains. Littératures provenant d’Afrique, des Caraïbes et des Amériques et à la construction des discours identitaires en relation avec leur contexte de réception. |
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