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2ème Challenge Handicap et technologie, quand les chercheurs facilitent le quotidien des handicapés


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Les représentants d’une vingtaine d’universités françaises ont participé, les 4 et 5 mai dernier, au 2ème challenge Handicap et technologie organisé par l’université Paul Verlaine - Metz sur le campus de l’île du Saulcy. Cette rencontre, dont la cheville ouvrière est Alain Delime, professeur à l’UFR MIM, visait à sensibiliser le public, et notamment les jeunes, aux handicaps et à la différence, mais surtout à favoriser le transfert de technologie. Les personnes handicapées ont ainsi pu découvrir, dans le hall de la faculté de Droit, les systèmes ingénieux mis au point par des équipes de chercheurs et d’étudiants afin de leur faciliter la vie au quotidien : jeux, logiciels d’aide à l’apprentissage et à la communication, tandem adapté, fauteuil roulant intelligent ou tout terrain, élévateur, foot-fauteuil, jeux vidéo pour déficients visuels, luge stabilisée, side-car pour vélo… Toutes ces innovations et quelques autres, nées à Metz, Tours, Reims, Lille, Sophia Antipolis, Douai, Belfort, Lorient ou Montpellier ont en commun d’avoir été conçues en collaboration étroite avec les parents, les associations et les établissements qui accueillent des handicapés. Elles ont fourni à des dizaines d’étudiants l’occasion de participer à des activités de recherche, de mieux comprendre les problèmes qui se posent, au quotidien, aux personnes handicapées et de contribuer à leur rendre la vie plus facile...

Autisme, des logiciels pour apprendre


A la demande de l’association Envol, les chercheurs du laboratoire d’automatique des systèmes coopératifs de l’université Paul Verlaine - Metz (UFR SciFa) se sont penchés sur les problèmes d’apprentissage et de communication des enfants victimes de troubles envahissants du développement, ce que l’on appelle couramment l’autisme. Dès leur plus jeune âge, ces enfants ne parviennent pas à communiquer par le langage, ce qui ne leur permet pas d’apprendre les gestes de la vie courante.

Dans un premier temps, un logiciel d’apprentissage a été conçu par les chercheurs et réalisé par un groupe d’étudiants en licence. Accessible à partir d’un pocket PC, cet outil original permet à l’enfant d’apprendre par lui-même des gestes plus ou moins simples (nouer ses lacets, par exemple) en choisissant des activités préprogrammées, décomposées en une succession d’images placées dans un certain ordre et classifiées par
domaine (alimentation, hygiène, école etc…)

Ce logiciel a trouvé son prolongement naturel dans un agenda multimédia, également consultable sur pocket PC, qui permet aux parents de programmer avec précision l’emploi du temps de toute une journée. Là encore, chaque activité est décomposée geste par geste et l’enfant peut rappeler les images aussi souvent qu’il le souhaite. « Cette formule épargne aux parents de fastidieuses répétitions, commente Pierre Pino, responsable de l’équipe. Ainsi les habitudes se mettent en place tout douce - ment et la parole peut finir par s’installer. »

Au sein du même laboratoire, une collaboration s’est instaurée entre une autre équipe et les éducateurs du Centre médicoéducatif Claude Monet de Pont-à-Mousson. Il s’agissait cette fois de concevoir des jeux adaptés permettant à des enfants polyhandicapés de contrôler leurs gestes. Un groupe d’étudiants en licence a mis au point un labyrinthe à fil, jeu d’éveil classique sur lequel ont été fixés des capteurs. Quand la boule parvient à sortir, une petite musique retentit pour avertir l’enfant qu’il a réussi. Le même principe est appliqué à une petite voiture roulant sur un circuit : la musique vient récompenser l’enfant quand le véhicule se trouve sur la bonne voie.

Le laboratoire d’automatique des systèmes coopératifs travaille enfin sur d’autres projets tels que le fauteuil roulant intelligent, qui réalise lui-même les gestes nécessaires à son fonctionnement et qui, de ce fait, est spécialement adapté aux personnes souffrant de scléroses latérales amniotrophiques.

Tout schuss... sur une luge stabilisée


Les handicapés moteurs aiment profiter des joies de la neige mais, faute d’équipements adaptés, la glisse peut s’avérer dangereuse pour eux, particulièrement si la luge se renverse dans un virage. A la demande de l’association Cap Rando à Tous, l’équipe messine d’Alain Delime, à l’UFR MIM, a donc imaginé et réalisé un châssis de stabilité adaptable sur une luge Pulka, qui est une sorte de traîneau coque. Posée sur des skis, ce qui en améliore le confort, la luge est tractée par un adulte, dont la tâche est facilitée par un système de direction placé à l’avant.
A l’arrière, un système de prise de carre stabilise l’ensemble et l’empêche de décoller, même dans une série de virages serrés.

On devrait croiser pas mal de handicapés moteurs, l’hiver prochain sur les pistes bleues des Hautes-Vosges !

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Le tandem d’Hugo…


En juin 2006, l’association Challenge Handicap et technologie était contactée par la maman d’Hugo, laquelle expliquait que les vélos disponibles sur le marché n’étaient pas adaptés au handicap de son petit garçon. Sa demande fut soumise aux enseignants du master 2° année Conception de produits unitaires de l’UFR MIM, à l’université Paul Verlaine - Metz. Ces derniers ont tout de suite accepté d’intégrer ce projet dans leur enseignement, car il était en parfaite adéquation avec les objectifs pédagogiques de la filière. Une équipe de 14 étudiants s’est donc formée, sous la conduite de Joël Rémy-Vincent et Alain Leonori et, dès le mois de janvier dernier, un premier prototype de tricycle était réalisé. Depuis lors, une partie du groupe a finalisé le projet en réalisant un superbe tandem, en partenariat avec l’IUT Génie mécanique et productique de Metz et la société Decathlon. Le retour des beaux jours a permis à Hugo et à sa maman de magnifiques promenades sur les routes de Moselle, et ce n’est pas fini !

Sur les pentes en fauteuil tout terrain


A Xonrupt-Longemer, les animateurs du Refuge du Sotré s’efforcent de donner aux handicapés moteurs le goût des balades en pleine nature. Seul problème : les rares fauteuils roulants tout terrain disponibles dans le commerce coûtent une vraie fortune. Ils se sont donc adressés à l’IUT de Génie mécanique et productique de Metz et deux étudiants en licence professionnelle, Joeffrey Kedziora et Charles Gerber, ont relevé le défi sous la direction de deux enseignants-chercheurs, Jean-Jacques Arnoux et Guy Sutter. En quatre mois de travail, ils ont conçu un fauteuil original et fonctionnel, équipé d’une double suspension et de freins à disques qui va permettre aux handicapés
moteurs de dévaler les pentes vosgiennes sans courir le risque de basculer ou de s’emballer.

… et le side-vélo de Léa


Léa rêvait, elle aussi, de faire du vélo dans la campagne lorraine, mais il fallait imaginer et réaliser pour elle une sorte de side-car adapté à la bicyclette. A la demande de son papa, un groupe d’étudiants d’Alain Delime, à l’UFR MIM de l’université Paul Verlaine - Metz, y a consacré une partie de l’année universitaire.

Conçu au premier semestre, le prototype a été terminé la veille du challenge Handicap et technologie. Son intérêt réside dans le fait qu’il est adaptable à tous les types de bicyclettes et que, grâce au positionnement d’une roue à l’extérieur du side-car, il est parfaitement stable. Léa et son papa vont donc pouvoir faire de superbes balades dès les prochaines vacances.

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