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#13 Hiver 2008


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Edito

Le président Richard Lioger à l’heure du bilan

« On a bien travaillé »
A la fin du mois d’avril, Richard Lioger, président de l’université Paul Verlaine-Metz va passer le témoin à son successeur. Au terme de ses cinq années de mandat, il dresse un bilan dans lequel les motifs de satisfaction l’emportent largement sur les regrets et les bons souvenirs sur les mauvais. Fier d’avoir animé une équipe qui a « bien travaillé », il donne à son successeur un double conseil : savoir bien s’entourer et tenir le cap.

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Quand il se projette cinq ans en arrière, Richard Lioger se dit qu’il n’aimerait pas revivre les premiers moments de sa carrière présidentielle : « l’université Paul Verlaine - Metz sortait d’une crise majeure et elle était complètement désorganisée, rappellet- il. Il a fallu reconstruire complètement l’administration pour la préparer à une gestion moderne, notamment dans le domaine des finances, des ressources humaines, de la recherche et de la vie universitaire. La meilleure des équipes de direction court à la catastrophe si elle n’a pas à ses côtés une administration qui sache anticiper et piloter. J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec des personnes de qualité et de pouvoir m’appuyer sur trois excellents vice-présidents. Ensemble, on a bien travaillé. »

Les réalisations

Cette réorganisation, opérée dès 2003, a permis d’enchaîner d’importantes réalisations au fil des années du mandat :

- « En 2004, dans la perspective du passage au LMD, nous avons rapidement réussi à construire un contrat d’établissement avec les universités de Nancy. Cela nous a permis d’élaborer une offre de formation très intégrée au niveau de la Lorraine, qui était la meilleure de France. Le passage au LMD s’est donc déroulé dans de bonnes conditions. Dans la foulée, nous avons pu définir une politique scientifique commune et faire fusionner des laboratoires. On a ainsi anticipé la loi Goulard, qui a instauré le PRES. »

- « En 2005, j’ai été élu vice-président de la Conférence des présidents d’universités. Si j’ai pu assumer cette responsabilité, en passant deux à trois jours chaque semaine à Paris, c’est parce que je savais pouvoir m’appuyer sur une organisation locale suffisamment solide. En retour, l’université Paul Verlaine-Metz y a gagné en notoriété. De surcroît, la fréquentation régulière des cabinets ministériels m’a permis de faire avancer des dossiers tout en participant activement à la négociation de la loi Goulard sur la recherche. Cette loi, qui fut l’aboutissement d’un mouvement engagé par les chercheurs, s’est traduite pour nous par la création d’une dizaine de postes, ce qui n’est pas rien. »

- « Sur cette lancée, nous avons travaillé efficacement avec Nancy pour envisager la création d’un PRES lorrain. Il va voir le jour dans les semaines qui viennent et c’est une vraie satisfaction, l’aboutissement d’un travail d’équipe. »

Les bons souvenirs

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Conférence des présidents d’universités
février 2007

« La réunion, à Metz, de la Conférence des présidents d’universités. Cette rencontre nous a permis de valoriser l’image de l’UPV-M. Et puis tout ce que nous avons fait pour développer notre communication : On a peine à s’en souvenir, mais quand j’ai constitué mon équipe, l’université n’avait plus de journal ni site Web digne de ce nom. Aujourd’hui, notre site est consulté régulièrement par 70% des étudiants et Metzuniversité, qui me permet aujourd’hui de dresser le bilan de mon action, en est arrivé à son 13° numéro. Nous avons également créé une Newsletter qui diffuse de nombreuses informations et qui est, elle aussi, très lue. Je n’oublierai pas le bus, grâce auquel nous allons à la rencontre des lycéens, les enquêtes sur la vie, les attentes et l’insertion professionnelle de nos étudiants. Tout cela nous permet de mieux les connaître et de mieux travailler à leur réussite. Je peux dire, et j’en suis fier, que la communication a été l’un des axes forts de mon mandat. »

Les regrets

« Le transfrontalier. Nous avons des problèmes avec le Luxembourg qui nous a tourné le dos. Nous avons arraché de haute lutte une école doctorale transfrontalière. Nous espérions que sa création aurait des effets positifs tels que des cotutelles et des doubles doctorats, notamment avec les universités de la Sarre et du Luxembourg. On est malheureusement en panne sur tous ces volets. La Grande Région reste une Arlésienne et les politiques ne jouent pas le rôle moteur que l’on attend deux. Il y a des tas de choses à faire. C’est urgent, mais c’est compliqué. »

« Les deux mouvements étudiants contre le CPE et la loi Pécresse, qui donnent à réfléchir sur le désarroi des jeunes face à leur avenir. Le premier s’est traduit par une longue occupation des locaux, mais on pouvait discuter avec les étudiants. Le deuxième a été plus court, mais plus dur, plus radical, plus incompréhensible aussi, avec un dialogue difficile à instaurer. Mais au-delà de la volonté de politisation extrême d’une minorité, il s’est nourri d’une inquiétude qui elle est bien réelle et qui perdure. »

Demain, quel avenir pour l’université Paul Verlaine - Metz ?

« Le président de la République a dit qu’à l’avenir, il ne devrait pas y avoir plus de dix pôles universitaires en France. Nous devons impérativement en faire partie. Un appel d’offre va être lancé par le ministère avec, à la clé, un milliard d’euros à distribuer. Ce n’est pas le moment de s’enfouir la tête dans le sable , de se reposer sur ses lauriers ou de tout attendre de l’Etat. Il nous faut faire nos preuves, être les meilleurs et cela ne peut passer que par une alliance avec les universités nancéiennes. Il faut avoir de l’ambition et ne rien s’interdire. C’est ce que nous faisons avec Nancy. Nous venons ainsi de déposer ensemble un dossier interrégional à la commission européenne, en réponse à un appel d’offre pour la construction d’une université de la Grande Région. Cela devrait nous permettre de travailler en réseau avec les universités de Trèves, Sarrebruck et Luxembourg et d’acquérir une visibilité nationale et internationale. »

Et le successeur, quels conseils lui donner ?

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« Il faut qu’il agisse en chef d’équipe. A l’extérieur, il est l’image de l’université. Il doit être présent et la représenter. A l’intérieur, il est l’organisateur, celui qui tranche en dernier recours. Il doit savoir écouter, se faire expliquer les enjeux, analyser la situation et les perspectives, puis prendre la meilleure décision possible pour l’université, se tenir à cette décision et l’appliquer quoi qu’il en coûte. Cela implique qu’il sache s’entourer de collaborateurs compétents et professionnels. Nous devons professionnaliser nos étudiants, mais également les cadres de nos universités. Ces derniers, comme le président lui-même, se forment surtout sur le tas, au fil des responsabilités qu’ils exercent. Il leur faut développer un sens politique, une aptitude à la stratégie et à la négociation. Il faut bien reconnaître que les enseignantschercheurs ne sont pas recrutés sur ces qualités-là, mais je crois qu’il appartient aussi au président d’encourager ses collègues à s’investir pour faire avancer les choses.

En conclusion, je dirais à mon successeur de savoir bien s’entourer, de faire confiance à ceux qu’il aura choisis et de tenir le cap.
»

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