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#13 Hiver 2008


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Conseil scientifique

« On a atteint l’âge de la maturité »

Au moment de rendre les clés de son bureau, Clotilde Boulanger, vice-présidente du Conseil scientifique de l’UPV-M dresse un bilan largement positif des quatre années écoulées. La charge de travail fut écrasante, mais le conseil a oeuvré dans une excellente ambiance, la recherche messine s’est structurée et évolue positivement. Au total, estime-t-elle, « une belle équipe, un bon service et une maturité qui n’avait jamais été atteinte. »
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Clotilde Boulanger,
vice-présidente du conseil scientifique

Pour Clotilde Boulanger, le résultat le plus positif de la mandature, c’est la structuration de la recherche : « Au départ, souligne-t-elle, nous avions 32 laboratoires. Aujourd’hui, nous en sommes à 25, dont huit qui sont communs avec Nancy, et ils ne sont plus que trois à ne pas avoir intégré une fédération gros programme de recherche. Nous avons réussi à construire sur Metz une importante fédération de mécanique qui est notre point fort. En physique-chimie, nous avons constitué avec Nancy l’institut Jean Barriol. Nos chercheurs de mathématiques se rapprochent de leurs collègues nancéiens. En biologie, nos deux laboratoires ont fusionné et entrent dans la fédération Eau – Sol – Terre avec les équipes nancéiennes. La Maison des sciences de l’homme va permettre d’étroites synergies entre les spécialistes des sciences humaines, de lettres et du droit des deux villes. Enfin, notre laboratoire d’électrochimie des matériaux participe au projet de fusion de cinq UMR qui vont constituer l’institut Jean Lamour, fort de 450 chercheurs. On passe d’une politique d’entités individuelles à une stratégie de réseaux. »

Les thèses en hausse

Clotilde Boulanger se félicite par ailleurs du travail de suivi des thèses et de répartition des crédits accompli par le Conseil scientifique : « Le nombre de thèses soutenues est passé de 60 à 100 par an et au plan financier, le conseil joue pleinement son rôle dans la répartition de crédits sur la base de projets scientifiques. Parallèlement au contrat quadriennal, nous avons bâti une convention avec le Conseil général de la Moselle, qui nous verse 247 000€ par an. Nous répartissons ces sommes en liaison avec l’enveloppe ministérielle du bonus qualité recherche, redistribuée sur des actions précises, notamment l’aide aux colloques et l’installation des jeunes chercheurs dans leur laboratoire, l’équipement scientifique des laboratoires. Nous répartissons également les supports de mois d’invités. Ces sommes, qui représentent l’équivalent d’environ 150 mois de salaire, restent à l’université lors du départ ou de la mise à la retraite d’un enseignant-chercheur. Elles nous permettent de rémunérer des chercheursétrangers qui séjournent entre un et trois mois dans nos laboratoires. Sur ce point, l’UPV-M se classe au sixième rang des universités françaises. »
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Autre point dont se réjouit la vice-présidente du Conseil scientifique, la réalisation d’un annuaire de la recherche, qui permet de savoir qui fait quoi et dans quel laboratoire : « ce document est utilisé en interne comme en externe et il permet d’avoir une bonne vision d’ensemble de nos activités de recherche. Il devrait être prochainement complété par un annuaire des compétences et des savoir-faire qui sera élaboré avec Nancy et mis en ligne. »
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Une partie de l’équipe
du service de la recherche

On l’aura compris, Clotilde Boulanger s’apprête à passer la main avec le sentiment du devoir accompli : « la charge de travail est énorme (pas loin de 14 heures par jour) et s’exerce au détriment de la vie familiale, mais j’ai la satisfaction de constater que nos laboratoires s’intéressent de plus en plus aux transferts de technologie, ce qui me paraît être une évolution satisfaisante. Et puis, nous avons travaillé dans une excellente ambiance, loin des polémiques, avec un service de qualité et le souci de construire. Nous sommes dans une phase de maturité qui n’avait jamais été atteinte. Je garderai de ces quatre années un très bon souvenir. »

Metz-Paderborn

L’excellence mathématique sans frontière

Depuis octobre 2005, le Laboratoire de Mathématiques et Applications de l’université Paul Verlaine - Metz et son homologue allemand de l’université de Paderborn, dans le Nord de la Westphalie, développent un programme innovant de recherche et de formation de doctorants dans le domaine de la géométrie et de l’analyse des symétries. En unissant leurs compétences, ces deux équipes, reconnues à l’échelle internationale, visent l’excellence grâce à une recherche de haut niveau et une formation de qualité pour les étudiants les plus brillants.

Côté messin, l’initiative de ce programme revient au professeur Tilmann Wurzbacher. Allemand d’origine, cet enseignant prend une part active aux recherches sur la géométrie differentielle en présence des symétries et l'analyse harmonique menées au Laboratoire de Mathématiques et Applications de Metz (UMR 7122) et, dans ce cadre, il rencontre fréquemment ses collègues de Paderborn.

« Comme nous, dit-il, ils sont mondialement connus pour leurs travaux et ils s’ouvrent à des domaines voisins en pleine effervescence tels que la géométrie non commutative.Comme nous aussi, ils attachent une importance primordiale à la formation et à l’encadrement des doctorants. Il était donc naturel, pour les deux groupes d’enseignants-chercheurs, de conjuguer leurs talents pour développer, dans un cadre officiel et prestigieux, une collaboration internationale. »

Le cadre dont parle Tilmann Wurzbacher, c’est celui de l’université franco-allemande, qui a accueilli d’autant plus volontiers cette initiative qu’il s’agissait du premier programme de formation doctorale franco-allemand en mathématiques jamais mis en œuvre. Auparavant, elle avait réalisé une expertise très rigoureuse, conjointement avec la Deutsche Forschungsgemeinschaft de Bonn et le Ministère français de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est ainsi que le programme, baptisé International Research Training Group axé sur la géométrie et l’analyse des symétries, a été créé en octobre 2005 pour une durée de 54 mois renouvelable une fois, soit 9 ans en tout.

Une école d’été à Bitche en 2008

« Ce programme est original parce qu’il accorde une large place à la formation des doctorants et qu’il encourage les jeunes chercheurs à la mobilité, souligne Tilmann Wurzbacher. Actuellement, l’IRTG encadre un collège doctoral francoallemand qui regroupe une vingtaine de doctorants ainsi que 10 mathématiciens de l’université de Paderborn et 9 de l’UPV-M. Grâce à la mutualisation des compétences, les jeunes chercheurs ont un accès direct aux techniques les plus pointues de la géométrie et de l’analyse harmonique, si bien que nous avons d’ores et déjà des candidatures qui arrivent du monde entier. Chaque doctorant bénéficie d’un financement confortable sur trois ans et, si sa thèse est préparée en cotutelle entre les deux universités, il reçoit un double diplôme de doctorat à l’issue de son cursus. »
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Professeur Tilmann Wurzbacher

Des dates...

- juillet 2004 démarrage du projet
- octobre 2005 début de la coopération
- fév. 2006 / janv. 2007 / fév. 2008 ateliers de travail communs
- juillet 2006 / août 2008 Écoles d’été internationales.

...et des chiffres

Lors du démarrage du programme, l’UPV-M ne comptait que quatre doctorants dans la spécialité développée par l’IRTG. Ils sont actuellement huit. Neuf doctorants sont inscrits à l’université de Paderborn et trois autres préparent leur thèse en cotutelle entre les deux universités.




Concrètement, les doctorants séjournent alternativement à Metz et à Paderborn, aux frais de l’IRTG et ils bénéficient de cours d’allemand, de français ou d’anglais. Ils participent également aux ateliers de travail et aux écoles d’été qui regroupent chaque année d’éminents chercheurs du monde entier. En juillet 2006, la première école d’été s’est déroulée au château de Reisensburg, en Allemagne, avec la participation de mathématiciens venus des universités de Berkeley, Kyoto et Paris 7. En février dernier, l’université Paul Verlaine - Metz accueillait un atelier de travail d’une semaine et, en août 2008, la prochaine école d’été se déroulera pendant 15 jours à l’Étang de Hasselfurth, près de Bitche, avec un fort soutien financier du Collège doctoral européen de Lorraine.
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Bernhard Keller (Paris 7)
à l'École d'été
au château de Reisensburg



Au-delà de la formation des doctorants, l’International Research Training Group finance également les collaborations scientifiques qui se développent entre les deux laboratoires de mathématiques. Les chercheurs séjournent régulièrement dans l’université partenaire afin de mener à bien des programmes de recherche de très haut niveau, qui contribuent à asseoir la réputation mondiale des deux équipes.

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