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#14 hiver 2009> Globe |
GlobeL’ISFATES, 30 ans déjà ?Le 28 novembre dernier, à l’Arsenal de Metz, l’ISFATES - Institut supérieur franco-allemand de techniques, d’économie et de sciences - a célébré comme il se doit ses 30 années d’existence. Cette journée était l’occasion de fédérer tous les acteurs qui ont soutenu le développement de l’Institut : étudiants, anciens diplômés, partenaires académiques, industriels et institutionnels français et bien sûr allemands. Mais pas seulement. Cette manifestation a également permis de créer des synergies entre des personnalités d’univers différents, de favoriser les échanges sur les moments forts de l’histoire de l’Institut et sur les perspectives qu’il donne à voir, notamment en matière de coopération franco-allemande.
1968 : Mise en place d’un Comité
d’Expansion de l’Est lorrain (Celor). 1978 : Signature de la convention donnant naissance à l’ISFATES. Organisé à la fois par l’université de Metz et la HTW de Saarbrücken, l'Institut propose aux étudiants français et allemands titulaires d’un bac +2 le premier cursus intégré franco-allemand de l’enseignement supérieur. Après deux années d’études à Metz et à Saarbrücken, dans les trois filières proposées initialement (électronique, constructions mécaniques et économie d’entreprise), les étudiants obtiennent un double diplôme. 1980 : Remise des diplômes aux premières promotions de l’ISFATES. 1988 : Création de la filière en Génie Civil. 1990 : Création du « Forderverein » de l’ISFATES-DFHI, association de droit allemand des amis de l’ISFATES. Création de la filière Informatique. 1993 : La licence (niveau Bac+4) devient maîtrise. 1997 : Création de l’Association des anciens diplômés de l’ISFATES. 1998 : Naissance de l’UFA, université Franco-Allemande à Saarbrücken et affiliation de l’ISFATES à cette dernière. 1999 : L’ISFATES entreprend une réforme en profondeur de ses formations. Désormais, le recrutement se fera au niveau du baccalauréat, sur une durée d’études de quatre ans, en alternance entre l’université de Metz et la HTW. 2002 : Création de la filière Logistique. 2005 : L’ISFATES passe dans le LMD en créant un diplôme conjoint franco- allemand, le bachelor et le master, renforçant ainsi la lisibilité européenne de ses diplômes. Un cursus trinational est proposé dans la filière Génie Civil, en coopération avec l’université du Luxembourg. L’ISFATES représente aujourd’hui plus de 2 000 étudiants français et allemands qui ont suivi avec succès la formation et obtenu un double diplôme français et allemand. Le succès de cet Institut s’explique surtout par les excellents débouchés qui s’ouvrent à ses diplômés. La qualité de la formation reçue dans chaque spécialité, la pratique courante des langues étrangères, les connaissances interculturelles et la mobilité concourent à l’intérêt que ces diplômés suscitent auprès des entreprises. PerspectivesTrès prochainement, l'ISFATES devrait déménager dans de nouveaux locaux situés au Technopôle : l'IPEFAM (Institut Polytechnique d'études franco-allemand de Metz). D'après Etienne Baumgartner, directeur de l'ISFATES, ce déménagement est plutôt positif car il permettra une meilleure identification des étudiants et une plus grande visibilité des filières. Côté projets, Etienne Baumgartner évoque une ouverture sur la recherche et un élargissement des filières. L'ISFATES travaille également à la miseen place imminente d'un conseil consultatif qui jouera un rôle de conseil quant aux choix politiques de l'Institut. A plus long terme, Luc Johann, président de l'UPV-M, envisage la mise en place d'un pôle franco-allemand qui rassemblerait l'ISFATES et les autres filières franco-allemandes pour une plus grande visibilité à l'échelle européenne. Un beau projet où l'ISFATES aurait beaucoup à gagner. Fort de ses trente années d'expériences, l'ISFATES se dessine encore un bel avenir... Jean David : « l’ISFATES reste un modèle »Le franco-allemand en général et l’ISFATES en particulier, c’est lui. Eminent germaniste, qui présida l’université de Metz de 1979 à 1988, Jean David l’a dotée de l’une de ses spécificités les plus fortes : ses cursus franco-allemands. Aujourd’hui à la retraite, il suit toujours avec passion l’évolution de cet Institut original qui reste, et de loin, la plus ancienne formation du genre en France et en Allemagne. « Trente ans, déjà, soupire-t-il, mais si c’était à refaire, on recommencerait car aujourd’hui encore, toutes les formations franco-allemandes à double diplôme qui se créent sont construites sur le modèle de l’ISFATES. »Pourquoi avoir mis sur pied cet institut ? « Pour des raisons économiques, répond Jean David. Le traité de Rome avait donné naissance à un marché dans lequel les gens devaient pouvoir circuler et travailler dans un pays comme dans un autre, avec le même niveau de qualification. C’est ce que permet le double diplôme. Mais on constate aujourd’hui que cet objectif a été largement dépassé : en fait, l’ISFATES nous a fait entrer de plain-pied dans le biculturalisme. Au début, on avait surtout pensé à créer des structures, mais on s’est très vite heurté à des problèmes de compréhension. L’enseignement n’est pas du tout organisé de la même manière en France et en Allemagne. Les pratiques sont différentes, la hiérarchie des matières, la conception des examens… Tout diffère ! Les professeurs et les étudiants ont donc dû faire de gros efforts pour se retrouver sur la même longueur d’ondes. Mais à l’usage, on s’est rendu compte que ce choc culturel préparait parfaitement les jeunes à affronter d’autres systèmes et d’autres cultures. C’est l’un des développements tout à fait inattendus de l’ISFATES : ses diplômés travaillent aujourd’hui dans une quinzaine de pays, sur les cinq continents. Comme quoi une formation biculturelle est une excellente clé pour s’ouvrir à l’international. » |
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