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Pascal Aimé, délégué régional du CNRS : « L’université Paul Verlaine-Metz avance sur le bon chemin »


Pour une université, la reconnaissance par le CNRS d’un nombre conséquent de ses laboratoires de recherche est un critère essentiel de qualité. Sur ce point, l’université Paul Verlaine-Metz a longtemps fait figure de parent pauvre dans le paysage universitaire lorrain, mais la situation a considérablement évolué au cours des dernières années. Pour Pascal Aimé, délégué régional du CNRS, les unités de recherche messines sont aujourd’hui loin d’être négligeables et l’UPV-M avance sur le bon chemin.

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Metzuniversité : M. Aimé, vous dirigez la délégation régionale du CNRS. Quel est le champ de vos compétences ?

Pascal Aimé : Le Centre national de la recherche scientifique, qui est l’un des établissements publics scientifiques et techniques français, coordonne les activités de 30 000 personnes qui travaillent dans 1300 unités de recherche. La délégation régionale, que je dirige, couvre quatre régions administratives (Lorraine, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Franche-Comté). Cela représente 80 laboratoires répartis entre une dizaine d’universités et d’établissements.

Metzuniversité : Au sein de cet ensemble, la place de l’université Paul Verlaine-Metz est encore bien modeste…

Pascal Aimé : Dans une université, le nombre de laboratoires est souvent présenté comme une preuve de dynamisme et c’est un tort. Il est vrai qu’historiquement, l’université Paul Verlaine-Metz est moins présente au CNRS que ses voisines nancéiennes, qui ont l’avantage de l’ancienneté. Mais aujourd’hui, où les moyens ne sont plus ce qu’ils étaient, ce qui est privilégié, c’est la qualité scientifique et les projets structurants, plutôt que la quantité. A Nancy, par exemple, nous développons actuellement le projet Jean Lamour, centré autour de la thématique des matériaux. Cela va se traduire par des regroupements de laboratoires, donc par une diminution de leur nombre, mais on y gagnera en qualité. D’ailleurs plusieurs laboratoires messins vont collaborer avec ce centre.

Metzuniversité : Quelle est actuellement votre politique vis à vis de l’université Paul Verlaine-Metz ?

Pascal Aimé : Nous travaillons à y soutenir toute la recherche d’excellence, de manière à la positionner sur des créneaux qui lui donnent une reconnaissance nationale. Face à la concurrence qui fait rage, il faut conforter les points forts, en lien avec les autres partenaires de l’université. Quand il y a une spécificité, il faut aller de l’avant. C’est ce que nous avons fait en créant  une Unité mixte internationale avec Georgia Tech, l’UPV-M, l’ENSAM, l’ENIM et l’université de Franche-Comté. Parmi toutes les UMI du CNRS, c’est la seule qui se situe en France et l’image internationale du site de Metz va s’en trouver renforcée. Cette UMI crée les conditions de l’expression d’une recherche de qualité à Metz. Aux acteurs à présent de relever le défi pour consolider l’existant et conserver leur statut car, je vous le rappelle, nous procédons à des évaluations toues les quatre ans.

Metzuniversité : Quelle est aujourd’hui la place de Metz dans le paysage scientifique lorrain et comment peut-elle évoluer ?

Pascal Aimé : Au sein du MIPI, il est bon de le souligner, les unités de recherche messines travaillent sur un pied d’égalité avec celles de Nancy. Pour le prochain contrat de plan Etat-Région, nous travaillons sur un projet dans le domaine des matériaux, de l’énergie et des procédés. Cela représente 13 à 14 axes de recherche dont certains sont portés par des chercheurs messins. On a donc atteint une certaine masse critique et Metz travaille de manière efficace à la construction d’une compétence lorraine. En dehors de ce domaine des matériaux, nous collaborons avec l’UPV-M sur les créneaux du vivant, de l’environnement et des mathématiques. Pour le reste, il faut constater qu’en Lorraine, nous ne sommes pas très présents dans le secteur des sciences humaines et sociales. Sur ce point, nous sommes attentifs à ce qui se structure en ce moment, entre Nancy et Metz, autour du projet de Maison des sciences humaines et sociales, qui devrait se traduire par une mutualisation des moyens. Le paysage a singulièrement évolué au cours des dernières années. Il n’est donc pas interdit d’envisager la création d’une unité mixte de services, sur le modèle de ce qui s’est fait à Besançon, Dijon et Strasbourg.

Metzuniversité : Globalement, quel regard portez-vous sur l’évolution de l’UPV-M au cours des dernières années ?

Pascal Aimé : L’UPV-M a avancé de manière considérable, et elle avance sur le bon chemin. La période n’est pas facile, mais les universitaires messins ont compris que la recherche serait de plus en plus au centre du dispositif. La capacité d’une université à se développer dépend aujourd’hui d’une activité de recherche de haut niveau sur des thématiques que l’on ne trouve pas partout. Cela passe par une politique de recrutement active et audacieuse. Cela dépend aussi de l’appui des  collectivités locales, car la compétition est aussi très vive à ce niveau. Mais le CNRS sera toujours là pour soutenir une recherche d’excellence là où elle se fait.

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