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#9 automne 2006> Réseaux |
RéseauxJérôme Emonot, directeur du projet CERES, une interface intelligente entre universités et entreprisesLes chercheurs cherchent, et souvent ils trouvent. Les entreprises innovantes mettent en oeuvre les résultats de ces recherches. Le problème c’est, que bien souvent, il y a un gouffre entre les premiers et les secondes. Un gouffre que, dans une démarche commune, les quatre universités lorraines se proposent de combler. Elles ont créé pour cela un organisme de valorisation de la recherche auquel elles ont donné le nom, très prometteur, de la Déesse des Moissons : CERES. Directeur du CERES depuis le mois de juin dernier, Jérôme Emonot répond aux questions de metzuniversite.
metzuniversite. Le projet CERES est apparu dans le paysage universitaire au début de cette année,. Qu’apporte-t-il de plus ? J. Emonot. Le projet CERES s’inscrit dans une démarche de mutualisation des actions et des services de valorisation de la recherche des quatre universités lorraines (UPV-M, UHP, Nancy 2 et INPL). Il poursuit deux objectifs : d’une part construire une structure commune de valorisation de la recherche et d’autre part, développer cette valorisation, c’est-à-dire créer de nouvelles valeurs dans le tissu socio-économique à partir des transferts de technologies ou de savoir-faire, le dépôt de brevets, voire la création d’entreprises. Sur les quatre universités, nous sommes en relation avec 105 laboratoires labellisés, oeuvrant dans toutes les disciplines. metzuniversite. Vous jouez en somme un rôle d’interface… J. Emonot. Nous devons être une interface intelligente entre les universités et les entreprises, avec une très bonne connaissance de ces deux univers. Nous sommes surtout là pour aider à la maturation de projets innovants en permettant aux laboratoires de franchir le « canyon de la soif ». Je m’explique : l’Etat aide financièrement les laboratoires à mener des recherches, mais quand ils ont obtenu des résultats, il cesse de payer. La société civile, c’est le contraire : elle commence à financer quand elle entrevoit des applications concrètes. Entre les deux, il y a une période d’approfondissement et de réflexion pour mettre en oeuvre les résultats, et c’est là que l’argent manque. Donc nous intervenons à ce stade en sélectionnant des projets et en leur donnant le coup de pouce financier dont ils ont besoin.. metzuniversite. Quel est votre statut et de quels financements disposez-vous ? J. Emonot. Notre projet s’est cristallisé en 2005, à partir d’un appel d’offre du ministère.Ce dernier en a sélectionné 14, dont celui de la Lorraine. Nous disposons d’une enveloppe annuelle de 300 000 euros financée par l’Agence nationale de la recherche pour une période de trois ans au maximum. D’ici là, il nous faut construire notre structure et lui donner les moyens de répondre à ses objectifs. metzuniversite. Quel rôle l’UPV-M joue-t-elle au sein du CERES ? J. Emonot. L’UPV-M est copartenaire du CERES, au même titre que ses homologues nancéiennes. Elle « pèse » une vingtaine de laboratoires sur les 105 qui sont abellisés. Pour l’heure, sur les cinq ou six laboratoires qui vont être financés, deux sont messins. Il s’agit tout d’abord du laboratoire de psychologie, qui a mis au point un projet baptisé Clique et gagne. Cet outil s’adresse aux enfants qui ont des difficultés cognitives. L’autre projet émane du Laboratoire d’étude des textures et applications aux matériaux et du Laboratoire de physique et mécanique des matériaux. Les deux équipes sont en train de développer un nouveau fil dentaire pour l’orthodontie. Réalisé avec un alliage de titane et de molybdène, il améliore les propriétés mécaniques des produits actuels. Il fait actuellement l’objet d’une étude de c o m m e rcialisation avec une nouvelle entreprise, la Société Nimesis. metzuniversite. A terme, quel peut être l’impact du CERES dans le tissu socio-économique lorrain ? J. Emonot. Le CERES est le fruit d’une volonté : celle de relancer la recherche et le développement à but industriel par transfert du potentiel innovant qui existe dans la recherche publique.. Il est d’ores et déjà au coeur d’un très vaste réseau et il est très axé sur l’interdisciplinarité. Je suis persuadé que, bien épaulé et bien managé, il aura un impact important sur la société et l’économie locales. |
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