CELTED - UFR Lettres et Langues
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Composante Didactique

Axe 4. Lexicalisation, préformation, figement, idiomatisation

    
Un certain nombre d’expressions idiomatiques feront l’objet d’une double analyse, linguistique et socio-culturelle. On y insistera sur la réception des expressions figurées (_les quatre fers en l’air_, être tiré à quatre épingles, faire feu de tout bois, etc).  

Sens propre et sens figuré : manipulation d’expressions figées à des fins didactiques. Analyse linguistique et socioculturelle du procédé et  de ses effets sur les élèves
  
Le travail sera envisagé à partir des expressions figées qui sont éventuellement recomposées à des fins humoristiques par les ouvrages de jeunesse. Par exemple, La belle lisse poire du prince de Motordu, de PEF, très lu à l'école, ou les albums de Le Saux, qui détournent la forme ou le sens d’une expression. Le sens d’expressions figurées est illustré par une image qui se rapporte à l’interprétation littérale des mots : aller chercher du liquide à la banque renvoie à un personnage qui revient de la banque avec deux seaux remplis d’eau. Or, de tels détournements sont problématiques pour nombre d’élèves qui n’en perçoivent pas l’humour. La question des expressions idiomatiques sera donc envisagée d’un double point de vue, linguistique (compréhension littérale ou figurée et visée humoristique) et socio-culturel.

Pour aborder le versant socio-culturel, on partira de la question suivante : comment des élèves (CM2) lisent les récits où une expression idiomatique, re-lexicalisée, re-motivée (par exemple c’est tiré par les cheveux), est utilisée comme programme d’écriture ou de lecture ? Plusieurs problèmes peuvent se poser. Ces expressions qui relèvent bien souvent de l’oralité populaire sont réemployées de façon cultivée à l’écrit. Est-ce que ces expressions constituent une sorte de passerelle entre culture orale et culture écrite qui facilite ou pas l’appropriation du texte ? Comment les élèves gèrent cette polyphonie culturelle ? Comment peut-on didactiquement la prendre en charge ? Les expressions idiomatiques peuvent appartenir ou pas à la mémoire culturelle du lecteur (familiarité vs étrangeté culturelle) : soit l’expression idiomatique est connue et la lecture suppose de prendre la mesure de la transformation que le mise en texte lui a fait subir ;  soit l’expression n’est pas connue et c’est la lecture active du texte qui va permettre de retrouver l’expression idiomatique. Se pose alors le double problème de la constitution du corpus et de sa variété pour diversifier les expériences linguistiques et culturelles des élèves. On complètera ces points de vue par des enquêtes sur les intuitions étymologiques et morphologiques des élèves.

Dans la même perspective, on analysera des récits étiologiques expliquant l'origine d'expressions figées, que ce soit en littérature de jeunesse (notamment le recueil le plus célèbre, Contes de la Saint-Glinglin de R. Escarpit) ou dans d’autres corpus. On pense également à des albums jouant sur le rapport texte / image.
En termes de recherche-action, on proposera des activités d’écriture en liaison avec le détournement productif d’expressions figées.

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